Cette étude a pour but d'analyser et d'évaluer le travail décent dans le secteur du travail domestique en relation avec le projet Travail Décent et Protection Sociale. Elle contribuera également à l'élaboration de stratégies pour la mise en œuvre du projet dans les zones d'intervention, notamment la province de Kinshasa, la ville de Lubumbashi dans le Haut-Katanga et la ville de Kolwezi dans le Lualaba. L'étude comporte deux volets principaux : une étude de référence et une étude finale qui dressera la carte des agences, associations et autres acteurs impliqués dans les travailleurs domestiques dans les zones d'intervention, et mesurera l'état du travail décent à l'aide d'un outil développé par HIVA dans les trois zones. En outre, les résultats de cette étude seront utilisés pour affiner les stratégies et les actions de l'intervention par le biais d'un dialogue social fondé sur des preuves et pour sensibiliser les parties prenantes à la pertinence du programme.
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Principales conclusions dans le secteur des travailleurs domestiques
Les résultats renseignent qu’en dépit de sa propension à absorber la main d’œuvre et de son potentiel de développement dans un contexte urbain emprise au chômage aigu et à la précarité d’emploi, le secteur du travail domestique congolais reste confronté à de nombreux défis compromettant l’universalité du travail décent. Même si le marché offre une sécurité du marché de travail attestant sa viabilité et un certain niveau de traitement équitable illustrant de son inclusivité, les contre-performances observées dans six de huit domaines annihilent ces performances. De nombreuses insuffisances transparaissent notamment en matière de la sécurité de l’emploi, de la sécurité du revenu, de l’équilibre entre vie professionnelle, vie privée et bien-être et de la sécurité et santé au travail. La situation est particulièrement préoccupante en matière de la protection sociale et de voix et représentation des travailleurs. Elles affichent des scores d’évaluation médiocres traduisant la vulnérabilité et la précarité auxquelles se confrontent les travailleurs du secteur domestique. Les systèmes de protection sociale tels que les pensions, l’assurance maladie, les indemnités de licenciement et les congés payés sont extrêmement faibles, ce qui suggère une accentuation de la vulnérabilité en fin de carrière ou en cas de rupture de contrat pour ceux qui en disposent. Par ailleurs, l’informalité qui caractérise le secteur constitue un goulet d’étranglement entravant l’accessibilité des travailleurs des emplois sécurisés.